Rei ! le salut : prosternation religieuse ou simple marque de respect?

Par Pascal Krieger, Menkyo Kaiden Shindo Muso Ryu

La position seiza (à genoux, assis sur les talons) et le salut en se prosternant devant un idéogramme peuvent gêner certains néophytes. Il est important que les enseignants expliquent aux débutants le sens du salut. En Asie, cette forme de salut est commune et n'a rien à voir avec la religion. Alors que nous adoptons une tenue vestimentaire asiatique en prati- quant un art venu précisément de cette partie du globe, il paraît cohérent que l'étiquette ait les mêmes origines. Le salut, avant tout, est une courte phase de tran- sition entre les activités quotidiennes et l'activité plus intériorisée qu'est la pra- tique d'un budô. Une sorte de prise de conscience de l'endroit et de la nature de l'activité à laquelle nous allons nous consacrer pendant près de deux heures.

Le premier salut devrait être Shômen ni Rei ! le salut au mur d'honneur qui est, chez nous, orné de l'idéogramme Dô: la Voie, commune à toutes les disciplines de notre club. Le second salut, Sensei ni Rei ! peut s'adresser à l'enseignant quand il est en face. Il peut également s'adresser, pour chacun, à qui bon lui semble. Cela peut être un maître décédé, ses propres parents, ou la personne à qui le pratiquant choisit de dédier son entraînement. Puis, lorsque le pratiquant se place devant un adversaire/partenaire, un troisième salut à ce dernier est de mise. Ce dernier salut peut signifier: Merci de bien vouloir travailler avec moi, nous allons ensemble essayer de progresser et nous avons, pour cela, besoin l'un de l'autre.

Les mêmes saluts devraient être répétés, dans le même ordre ou à l'inverse, en fin d'entraînement. Ces diverses marques de respect ne sont pas de trop à une époque où les civilités sont réduites à un minimum.



 
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Luc Tamisier.